Les Cubains peuvent désormais séjourner dans leurs propres hôtels cinq étoiles. C'est le nouvel interdit levé par Raul Castro, le successeur de Fidel. Un bel acquis... pour la classe aisée.
Le coût d'une chambre d'hôtel dépassant de loin le salaire moyen des Cubains, seuls quelques rares riches de l'île pourront jouir de cette nouvelle liberté.
Eh oui, il y a des classes de nantis et de moins nantis à Cuba. Avouez que dans un système communiste où tous sont censés être égaux, c'est pour le moins paradoxal...
Mais passons.
Raul Castro avait promis de lever les « interdictions excessives » qui pesaient depuis trop longtemps sur le peuple cubain. C'est ce qu'il fait depuis son accession au pouvoir en février dernier.
Outre cette nouvelle possibilité pour les Cubains de profiter de leurs hôtels, le frère Castro a légalisé la vente de dizaines de produits électriques (jadis interdits pour des raisons d'économie d'énergie).
Depuis hier, téléviseurs à écrans plats, fours à micro-ondes, lecteurs DVD et ordinateurs sont vendus dans les magasins.
Pour l'instant, les nouvelles « libertés » consenties par Raul Castro concernent surtout la liberté de consommer.
C'est bien, sauf que les Cubains méritent d'avoir aussi accès à deux ou trois autres libertés fondamentales. Genre, la liberté d'expression.
LÃ -dessus, les initiatives de Raul sont plus timides.
Le quotidien officiel Granma a bien ouvert son courrier des lecteurs aux critiques, mais, comme le rapporte le journal Le Monde, le gouvernement a bloqué l'accès à un blogue ultra populaire, "Generacion Y", qui était devenu un « un espace de débat sans précédent sous le régime castriste ».
Heureusement, nous ne sommes pas à Cuba.
Ici, autant les critiques que les aficionados du beau régime communiste cubain peuvent s'exprimer librement!
Profitons-en!
par Steve Proulx
Ce n`est pas beaucoup mais un pas dans la bonne direction,ça s`en vient mon fidel
Dans certains ici on a trop de libertés.
Merci
conard
Le Fidel Castro que je crois connaître, par Gabriel Garcia Marquez.
Fidel Castro. Sa dévotion est au mot. Son pouvoir est à la séduction. Il va chercher les problèmes là où ils sont. L'impulsion de l'inspiration est l'un des traits principaux de son caractère. Les livres reflètent très bien l'étendue de ses goûts. Il a arrêté de fumer pour avoir l'autorité morale de combattre l'addiction au tabac. Il aime préparer des recettes culinaires avec une sorte de ferveur scientifique. Il se maintient en excellente condition physique en passant des heures à faire toutes sortes de gymnastiques et il nage fréquemment. Sa patience est invincible. Sa discipline est de fer. La force de son imagination le pousse jusqu'aux limites de l'imprévu.
José Marti est son auteur préféré et il a eu le talent d'incorporer la pensée de Marti dans le torrent d'optimisme de la révolution marxiste. L'essence de sa propre pensée pourrait résider dans la certitude que, si l'on entreprend un travail de masse, il est fondamental de s'intéresser aux individus.
Cela pourrait expliquer la confiance absolue qu'il place dans le contact direct. Il a un langage pour chaque occasion et un moyen distinct de persuasion selon ses interlocuteurs. Il sait comment se mettre au niveau de chacun et possède des connaissances vastes et variées qui lui permettent d'être à l'aise dans tous les médias. Une chose est sûre : il est où il est, comme il est et avec qui il est. Fidel Castro est là pour gagner. Son attitude en face de la défaite, même dans les actions les plus insignifiantes de la vie quotidienne, semble obéir à une logique personnelle : il ne le reconnaît même pas et il n'a pas une minute de paix tant qu'il n'a pas réussi à inverser les termes et à les convertir en victoire.
Son aide suprême est sa mémoire et il l'utilise, jusqu'à en abuser, pour soutenir des discours ou des conservations privées avec un raisonnement implacable et des opérations arithmétiques d'une rapidité incroyable. Il a un besoin incessant d'informations, bien mastiquées et bien digérées. Au petit-déjeuner il dévore pas moins de 200 pages de journaux. Comme il est capable de découvrir la plus petite contradiction dans une phrase ordinaire, les réponses doivent être exactes. Il est un lecteur vorace. Il est prêt à lire à toute heure tout journal qui lui atterri entre les mains.
Il ne perd pas une seule occasion de s'informer. Pendant la guerre d'Angola, lors d'une réception officielle, il a décrit une bataille avec tant de détails qu'il fut extrêmement difficile de convaincre un diplomate européen qu'il n'y avait pas participé.
Sa vision du futur de l'Amérique Latine est la même que celle de Bolivar et de Marti : une communauté intégrée et autonome, capable de changer le destin du monde. Le pays qu'il connaît en détails le mieux après Cuba sont les Etats-Unis : la nature de son peuple, ses structures de pouvoir, les intentions secondaires de ses gouvernements. Et ceci l'a aidé à affronter le tourment incessant de l'embargo.
Fidel Castro n'a jamais refusé de répondre à quelque question que ce soit, aussi provocatrice soit-elle, il n'a jamais non plus perdu sa patience. En ce qui concerne ceux qui sont économes avec la vérité, pour de ne pas l'inquiéter plus qu'il ne l'est déjà , il le sait. À un fonctionnaire qui agissait ainsi, il a dit : "Vous me cachez des vérités pour ne pas m'inquiéter, mais, lorsque je finirai par les découvrir, je mourrai du choc de devoir affronter tant de vérités que l'on m'a cachées". Mais, les vérités que l'on cache pour masquer les déficiences sont les plus graves, parce qu'à côté des accomplissements énormes qui donnent des forces à la révolution - les accomplissements politiques, scientifiques, sportifs et culturels - il y a une incompétence bureaucratique colossale, qui affecte la vie quotidienne et en particulier le bonheur familial.
Dans la rue, lorsqu'il parle aux gens, sa conversation retrouve l'expression et la franchise crue de l'affection sincère. Ils l'appellent : Fidel. Ils s'adressent à lui sans façons, ils discutent avec lui, ils l'acclament. C'est à ce moment-là que l'on découvre l'être humain inhabituel que la réflexion de sa propre image ne laisse pas voir. C'est le Fidel Castro que je crois connaître. Un homme aux habitudes austères et aux illusions insatiables, qui a reçu une éducation formelle à l'ancienne, utilisant des mots prudents et des tons contenus, et qui est incapable de concevoir toute idée qui n'est pas colossale.
Je l'ai entendu évoquer des choses qu'il aurait pu faire d'une autre façon pour gagner du temps dans la vie. Le voir surchargé par le poids de tant de destinées distantes, je lui ai demandé ce qu'il préférait faire dans ce monde et il m'a immédiatement répondu : "Rester dans un coin".
Auteur : Gabriel Garcia Marquez, mardi 19 février 2008
URL : http://www.republique-des-lettres.fr/10315-fidel-castro.php
Fidel Castro
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Ignacio Ramonet : Fidel Castro, Biographie à deux voix.
Fidel Castro, 82 ans, est gravement malade. Les médias du monde entier ont déjà rédigé sa nécrologie. Bête noire des Etats-Unis, des exilés cubains anti-castristes et de certaines ONG de défense des Droits de l'Homme plus ou moins manipulées par les services américains -- Reporters Sans Frontières (RSF) le qualifie ainsi en service commandé de "prédateur de la liberté de la presse" et de "doyen des dictateurs de la planète" --, le dirigeant communiste de Cuba fera sans nul doute, lorsque sa mort viendra, l'objet d'une nouvelle campagne de diabolisation post-mortem dans la presse occidentale et notamment française. Cette dernière se révèlant de moins en moins crédible et offrant habituellement un anti-castrisme plus que primaire, on aura tout intérêt à lire auparavant le livre sans parti pris hostile que lui consacre le directeur du Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet. Intitulé Fidel Castro, Biographie à deux voix (éditions Fayard), il s'agit d'un véritable testament politique où El Comandante fait le bilan de sa vie et de sa révolution, se livrant comme dans nul autre document publié à ce jour. Fruit d'une intense correspondance et de plus de cent heures d'entretiens exclusifs riches en confidences qui eurent lieu à La Havane entre 2003 et 2006, il aborde tous les thèmes, y compris les plus sensibles, et va bien au-delà d'un simple question-réponse journalistique avec Fidel Castro, comme l'indique le sous-titre Biographie à deux voix.
Publié en version originale à Cuba l'année dernière sous le titre Cento ore con Fidel Castro (Cent heures avec Fidel Castro), et enrichi d'un chapitre supplémentaire dans l'édition française (Fidel Castro et la France), ce gros volume de 700 pages retrace le parcours personnel et politique du leader maximo. Toute la vie de Fidel Castro y est passée en revue, de son enfance jusqu'à aujourd'hui en passant par les rencontres et les faits ou épisodes marquants de la vie sociale, politique et économique de la Havane depuis plus d'un demi-siècle: la naissance de Fidel Alejandro Castro Ruz le 13 août 1926 au sein d'une famille aisée de planteurs émigrée de Galice (Espagne), le frère (Raül Castro, qui dirige de fait Cuba aujourd'hui), les études chez les jésuites puis à l'université de La Havane d'où il sort diplômé en droit en 1950, l'installation comme avocat, la condamnation à 15 ans de prison, l'exil, la rencontre avec Ernesto Che Guevara, la guérilla contre le dictateur Fulgencio Batista inféodé aux États-Unis, la prise du pouvoir et la révolution castriste, la réforme agraire, l'embargo américain à partir de 1960, la création de la république socialiste de Cuba en 1961, l'affaire de la Baie des Cochons montée la même année par la CIA, l'instauration du régime à parti unique à partir de 1965, les relations diplomatiques complexes avec les pays et les dirigeants de la planète (François Mitterrand, Jean-Paul II, Charles de Gaulle, Juan Carlos, José Maria Aznar, J. F. Kennedy, Richard Nixon, Jimmy Carter, Ronald Reagan, Bill Clinton, George W. Bush, Pierre Trudeau, Saddam Hussein, Nikita Khrouchtchev, Mikhaïl Gorbatchev, Vladimir Poutine, Nelson Mandela, Rigoberta Menchu,...), la crise des missiles nucléaires d'octobre 1962, la Guerre froide, l'affaire Ochoa, les tentatives d'assassinat par la CIA, la légalisation du dollar en 1993, les opposants politiques emprisonnés et/ou morts en prison, les exilés, la fille naturelle de Fidel Castro, Alina Fernandez, installée depuis 2001 à Miami, les accusations de corruption et d'enrichissement personnel, l'Amérique latine, la lutte incessante contre l'hégémonisme et l'impérialisme américain, la mondialisation néolibérale, les relations avec son ami et "fils spirituel" actuel président du Vénézuela Hugo Chavez, l'après Fidel Castro, etc...
Fidel Castro, Biographie à deux voix est un document aussi passionnant qu'incontournable pour quiconque s'intéresse de près ou de loin à l'histoire et à la problématique cubaine à l'heure ou où El Comandante abandonne le pouvoir.
Auteur : La République des Lettres, mardi 19 février 2008
URL : http://www.republique-des-lettres.fr/10314-fidel-castro.php
Message de Fidel Castro
(Traduit par l'ESTI)
Chers compatriotes
• JE vous ai promis, vendredi dernier, 15 février, d'aborder dans mes prochaines Réflexions une question intéressant beaucoup d'entre vous. Je le fais cette fois-ci sous forme de message.
Le moment est venu de présenter à l'Assemblée nationale la candidature des membres du Conseil d'Etat, de son président, de ses vice-présidents et de son secrétaire, et de les élire.
J'ai rempli cette estimable fonction de président pendant de nombreuses années. La Constitution socialiste a été adoptée le 15 février 1976 au suffrage libre, direct et secret de plus de 95 p. 100 des citoyens ayant le droit de vote. La première Assemblée nationale du pouvoir populaire, constituée le 2 décembre de la même année, a élu le Conseil d'Etat et sa présidence. J'avais exercé auparavant la fonction de Premier ministre pendant presque dix-huit ans. J'ai toujours eu les prérogatives nécessaires pour mener de l'avant l'œuvre révolutionnaire avec le soutien de l'immense majorité du peuple.
Connaissant mon état de santé critique, beaucoup de gens à l'étranger pensaient que ma renonciation provisoire, le 31 juillet 2006, au poste de président du Conseil d'Etat que je laissais aux mains du premier vice-président, Raúl Castro Ruz, était définitive. Raúl en personne, qui occupe aussi le poste de ministre des Forces armées révolutionnaire par mérite personnel, et les autres compagnons de la direction du parti et de l'Etat renâclaient à l'idée de me considérer écarté de mes fonctions malgré mon état de santé précaire.
Ma position était inconfortable face à un adversaire qui a fait l'impossible pour se débarrasser de moi : il ne m'était pas du tout agréable de lui complaire.
J'ai pu ensuite, une fois récupérée la pleine maîtrise de mon cerveau, beaucoup lire et réfléchir, compte tenu de mon repos forcé. J'avais assez de forces pour écrire pendant de longues heures, une occupation que j'ai partagée avec les séances de physiothérapie et les programmes de rétablissement pertinents. Un bon sens élémentaire m'indiquait que cette activité était à ma portée. Je me suis toujours soucié par ailleurs, en parlant de ma santé, de ne pas faire naître de fausses illusions dans notre peuple, un dénouement fatal en pleine bataille risquant d'être traumatisant pour lui. Le préparer à mon absence des points de vue psychologique et politique, telle était ma première obligation après tant d'années de lutte. Je n'ai jamais manqué de signaler qu'il s'agissait d'une convalescence « non exempte de risques ».
J'ai toujours souhaité faire mon devoir jusqu'à mon dernier souffle. C'est ce que je puis offrir.
Je communique à mes très chers compatriotes, qui m'ont fait l'immense honneur de m'élire voilà quelques jours membre du Parlement, lequel doit adopter des accords importants pour les destinées de notre Révolution, que je n'aspirerai pas au poste de président du Conseil d'Etat et de commandant en chef ni ne l'accepterai - je répète : je n'y aspirerai pas ni ne l'accepterai.
Dans de brèves lettres adressées à Randy Alonso, animateur du programme La Table ronde télévisée, avec mission de les divulguer, j'avais inclus discrètement des points du Message que j'écris aujourd'hui, sans que son destinataire soit au courant de mes intentions. Je faisais confiance à Randy parce que je l'avais connu quand il était élève de journalisme et que je me réunissais presque toutes les semaines avec les principaux représentants des étudiants de province dans la bibliothèque de la vaste villa du quartier Kohly où ils logeaient. Aujourd'hui, le pays tout entier est une immense université.
Je choisis quelques paragraphes de ma lettre à Randy, du 17 décembre 2007 :
« Je suis profondément convaincu que les réponses aux problèmes actuels de la société cubaine, dont le niveau scolaire moyen est proche de la terminale, qui compte presque un million de diplômés universitaires et où tous les citoyens sans discrimination jouissent de la possibilité réelle de faire des études, exigent plus de variantes que celles que peut offrir un échiquier. On ne saurait ignorer aucun détail. Il ne s'agit pas d'une voie facile, si l'on veut que l'intelligence de l'être humain dans une société révolutionnaire l'emporte sur ses instincts.
« Mon devoir élémentaire est, non pas de m'accrocher aux fonctions, encore moins de faire obstacle à de plus jeunes, mais d'apporter des expériences et des idées dont la modeste valeur provient de l'époque exceptionnelle qu'il m'a été donné de vivre.
« Je pense comme Niemeyer : il faut être conséquent jusqu'au bout. »
Lettre du 8 janvier 2008 :
« Je suis résolument en faveur du vote uni (un principe préservant les mérites ignorés) qui nous a permis d'éviter la tendance à copier ce qui se faisait dans les pays de l'ancien camp socialiste, dont le portrait d'un candidat unique à la fois si solitaire et parfois si solidaire avec Cuba. Je respecte beaucoup cette première tentative de construire le socialisme grâce à laquelle nous avons pu poursuivre sur la voie choisie.
Mais je suis trop conscient que "toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs" ».
Je trahirais donc ma conscience en occupant des responsabilités qui exigent qu'on puisse se déplacer librement et qu'on s'y adonne à fond, ce qui n'est plus à ma portée. Je l'explique sans dramatisme.
Notre Révolution peut encore compter, heureusement, sur des cadres de la vieille garde, aux côtés d'autres qui étaient très jeunes au début de sa première étape. Certains ont rejoint presque enfants les combattants des montagnes et ont ensuite écrit des pages de gloire dans notre pays par leur héroïsme et leurs missions internationalistes. Ils ont l'autorité et l'expérience requises pour garantir la relève. Notre Révolution peut aussi compter sur une génération intermédiaire qui a appris à nos côtés les ingrédients de l'art complexe et presque inaccessible d'en organiser et diriger une.
Le chemin sera toujours difficile et exigera les efforts intelligents de tout le monde. Je me méfie des voies apparemment faciles de l'apologétique ou, par antithèse, de l'autoflagellation. Toujours se préparer aux pires variantes. Etre aussi prudent dans le succès que solide dans l'adversité, voilà un principe à ne pas oublier. L'adversaire à vaincre est extrêmement fort, mais nous l'avons tenu en respect pendant presque un demi-siècle.
Je ne vous fais pas mes adieux. Je tiens juste à combattre comme un soldat des idées. Je continuerai d'écrire sous le titre de : « Réflexions du compañero Fidel ». Ce sera une arme de plus à ajouter à notre arsenal. Peut-être écoutera-t-on ma voix. Je serai prudent.
Fidel Castro Ruz
18 février 2008
17 h 30 •
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Directeur général: Lazaro Barredo Medina / Directeur éditorial: Gabriel Molina Franchossi
HÔTE: Teledatos-ICCC. Internet Cubaweb Communications Corporations.
anonyme...du haut de votre bêtise vous croyez vraiment que l on va perdre son temps à lire votre baratin communiste ??
Je ne suis liée d'aucune façon par les déclarations ci-haut écrites.Ce Mr. Homonyme ne fait pas partie de ma famille.Je ne suis ni pour ni contre ce qu'il déclare pour la bonne raison que je ne parle pas l'Espagnol,ce que je regrette d'ailleur.Ceci dit, je suis daccord avec Mr. Ram 1945 c'est un bon départ.
Le sujet de demain : Le grand retour des Troll des forums. Cette fois-ci, ils semblent communistes!
La nouvelle politique énergétique états-unienne
Fidel Castro : « Convertir les aliments en carburant, c'est créer la famine »
par Fidel Castro Ruz*
Convalescent, Fidel Castro n'en demeure pas moins un observateur attentif de la globalisation. Il dénonce ici la nouvelle politique énergétique étatsunienne : après avoir multiplié les guerres pour piller les champs pétroliers, Washington s'empare des terres fertiles du tiers-monde pour y faire produire des biocarburants. À moyen terme, trois milliards de personnes sont menacées de famine.
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31 mars 2007
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La Havane (Cuba)
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Globalisation économique, privatisation des services publics.
Agriculture et réforme agraire
Plus de trois milliards de personnes dans le monde sont condamnées à mourir prématurément de faim et de soif. Je n'exagère pas ; je serais même plutôt prudent. J'ai beaucoup réfléchi là -dessus après la réunion du président Bush avec les fabricants de voitures étasuniens.
Ce lundi 26 mars 2007, l'idée sinistre de convertir les aliments en carburant a été définitivement établie comme un des grands axes économiques de la politique extérieure des États-Unis.
Une dépêche de l'agence de presse étasunienne, AP, qui parvient à tous les endroits du monde, affirme textuellement :
« WASHINGTON, 26 mars (AP). Le président George W. Bush a vanté, ce lundi, les avantages des voitures roulant à l'éthanol et au biodiesel au cours d'une réunion avec les fabricants d'automobiles où il s'est efforcé de promouvoir ses plans de carburants alternatifs.
Bush a affirmé qu'un engagement des dirigeants de l'industrie automobile nationale de doubler leur production de voiture fonctionnant au carburant alternatif pousserait les automobilistes à renoncer aux moteurs à essence et réduirait la dépendance du pays par rapport au pétrole importé.
"C'est là une grande avancée technologique pour le pays", a affirmé Bush après avoir inspecté trois voitures à carburant alternatif. "Si la nation veut réduire sa consommation d'essence, le consommateur doit avoir la possibilité de prendre une décision rationnelle."
Le président a pressé le Congrès d'adopter sans retard une loi que le gouvernement a proposée récemment afin d'ordonner l'utilisation de 132 milliards de litres de carburants alternatifs d'ici 2017 et d'imposer des normes plus exigeantes d'économie de carburant automobile.
Bush a soutenu une réunion avec Rich Wagoner, président du Conseil d'administration et P.D. G. de General Motors Corp., Alan Mulally, P. D. G. de Ford Motor Co., et Tom LaSorda, P.D. G. du groupe Chrysler de Daimler Chrysler AG.
Tous les quatre ont discuté de mesures destinées à soutenir la fabrication de voitures à carburant alternatif, d'essais de produire de l'éthanol à partir de sources telles que le gazon et la sciure, et d'une proposition de réduire la consommation d'essence de 20 p. 100 d'ici dix ans.
Les discussions se sont déroulées alors que les prix de l'essence ont monté. L'étude la plus récente de l'organisation Lundberg Survey signale que le gallon d'essence (3,78 litres) a augmenté de 6 centimes en moyenne dans le pays ces deux dernières semaines pour atteindre 2,61 dollars. »
Je pense que réduire mais aussi recycler tous les moteurs à électricité et à essence est une nécessité élémentaire et urgente pour toute l'humanité. L'idée tragique n'est pas de diminuer ces dépenses d'énergie, mais de convertir les aliments en carburant.
L'on sait aujourd'hui exactement qu'une tonne de maïs ne peut produire que 413 litres d'éthanol en moyenne, selon les densités, soit 109 gallons.
Le cours moyen du maïs aux ports étasuniens est de 167 dollars la tonne. Il faut donc 320 millions de tonnes de maïs pour produire 35 milliards de gallons d'éthanol.
Selon la FAO, la récolte de maïs aux USA a été de 280 200 000 tonnes en 2005.
Bien que le président Bush parle de produire du carburant à partir du gazon ou de la sciure, n'importe qui comprend qu'il s'agit de phrases absolument irréalistes. Calculons bien : 35 milliards, c'est 35 suivi de neuf zéros !
On nous sortira ensuite de beaux exemples au sujet de la productivité par homme et par hectare qu'atteignent les agriculteurs expérimentés et bien organisés des USA ; du maïs converti en éthanol ; des résidus de ce maïs convertis en aliments pour animaux à 26 % de protéine ; des excréments du bétail utilisés comme matière première pour la production de gaz. Et ce, bien entendu, après de gros investissements à la portée seulement des entreprises les plus puissantes où tout fonctionne à l'électricité et au carburant. Appliquez donc cette recette aux pays du tiers monde et vous verrez combien de personnes parmi les masses affamées de notre planète cesseront de manger du maïs. Pis encore : prêtez donc des crédits aux pays pauvres pour qu'ils produisent de l'éthanol de maïs ou de tout autre type d'aliment, et il ne restera pas un seul arbre pour défendre l'humanité des changements climatiques !
D'autres pays du monde riche ont prévu d'utiliser non seulement le maïs, mais encore le blé, les graines de tournesol et de colza et d'autres aliments pour produire des carburants. Il serait rentable pour les Européens, par exemple, d'importer tout le soja du monde afin de réduire la consommation d'essence de leurs voitures et de nourrir leurs animaux avec des résidus de cette légumineuse spécialement riche en tous types d'acides aminés essentiels.
À Cuba, les alcools étaient un sous-produit de l'industrie sucrière, après trois extractions de sucre du vesou. Les changements climatiques portent déjà préjudice à notre production sucrière. De grandes sécheresses alternent avec des pluies record, ce qui permet à peine de produire du sucre pendant cent jours avec des rendements adéquats durant les mois de notre hiver très modéré, de sorte qu'il manque toujours du sucre par tonne de canne ou de la canne par hectare à cause des sécheresses prolongées à l'époque des semailles et de la culture.
Je crois savoir qu'on utiliserait l'alcool au Venezuela non pour l'exporter, mais pour améliorer les effets qualitatifs du carburant sur l'environnement. Aussi, indépendamment de l'excellente technologie brésilienne de production d'alcool, son utilisation à Cuba pour produire directement de l'alcool à partir du vesou ne constitue qu'un rêve ou un délire de ceux qui s'illusionnent sur cette idée. Dans notre pays, les terres consacrées à la production directe d'alcool peuvent être bien plus utiles à la production d'aliments pour la population et à la protection de l'environnement.
Tous les pays du monde, riches et pauvres, sans la moindre exception, pourraient économiser des milliards de dollars en investissements et en carburants rien qu'en substituant à leurs ampoules à incandescence des ampoules fluorescentes, comme Cuba l'a fait dans tous ses foyers. Cela signifierait un répit qui permettrait de mieux résister aux changements climatiques sans tuer les masses pauvres du monde de faim.
Je ne qualifie pas, on le constatera, ni le système ni les maîtres du monde. Les experts en information et les hommes de sciences socio-économiques et politiques honnêtes qui abondent dans le monde et ne cessent de fouiner dans l'actualité et l'avenir de notre espèce savent le faire excellemment. Il suffit d'un ordinateur et des réseaux croissants d'Internet.
Nous sommes face aujourd'hui, pour la première fois, à une économie vraiment mondialisée et à une puissance dominante sur le terrain économique, politique et militaire qui ne ressemble en rien à la Rome impériale.
Certains se demanderont pourquoi je parle de faim et de soif. Je réponds : il ne s'agit pas du revers de la médaille, mais de plusieurs face d'une autre pièce, à la manière d'un dé à six faces ou d'un polyèdre à encore plus de plans
Je m'en remets en l'occurrence à une agence de presse officielle fondée en 1945 et généralement bien informée des problèmes économiques et sociaux du monde : TELAM, qui affirme textuellement :
« (TELAM) - Près de deux milliards de personne habiteront d'ici à peine dix-huit ans dans des pays et des régions où l'eau ne sera plus qu'un lointain souvenir. Les deux tiers de la population mondiale risquent de vivre à des endroits où cette rareté provoquera des tensions sociales et économiques d'une telle ampleur qu'elles pourraient conduire les peuples à la guerre pour le précieux "or bleu".
Ces cent dernières années, l'utilisation de l'eau a augmenté à un rythme de plus de deux fois supérieur au taux de croissance de la population.
Le Conseil mondial de l'eau (WWC) estime que 3,5 milliards de personnes seront touchées par cette grave situation d'ici 2015.
L'Organisation des Nations Unies a fêté le 23 mars, Journée mondiale de l'eau, en appelant à faire face d'ores et déjà à la rareté de l'eau dans le monde sous la coordination de l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), en vue de souligner l'importance croissante de cette rareté de l'eau à l'échelle mondiale et la nécessité d'une intégration et d'une coopération accrues qui permettent de garantir une gestion soutenue et efficace des ressources en eau.
De nombreuses régions du monde souffrent une grave pénurie d'eau, à raison de moins de 500 mètres cubes par personne et par an. Toujours plus de régions connaissent un manque chronique de cet élément vital.
Les principales conséquences de cette pénurie d'eau sont les quantités insuffisantes de ce liquide indispensable à la production d'aliments, l'impossibilité du développement industriel, urbain et touristique et les problèmes de santé. »
Je me garde de signaler ici d'autres faits importants, comme le dégel au Groenland et dans l'Antarctique, les dommages causés à la couche d'ozone, et les quantités de mercure croissantes que l'on trouve dans de nombreuses espèces de poissons de consommation habituelle.
Je pourrais aborder d'autres questions, mais je ne prétendais faire qu'un simple commentaire sur la réunion du président Bush avec les P.D. G. des compagnies d'automobiles étasuniennes.
Fidel Castro Ruz
Président de Cuba. Commandant en chef de la Révolution.
Les articles de cet auteur
Allocution prononcée par M. Fidel Castro Ruz,
président du Conseil d'Etat et du Conseil des ministres de la
République de Cuba, à la séance de clôture du Sommet du Sud (Groupe des 77), tenue au Palais des congrès de La Havane,
le 14 avril 2000.
Excellences,
Chers délégués et invités.
(bien que, compte tenu de l'accord que vous avez adopté avec tant de générosité voilà à peine quelques minutes au sujet de la guèrre économique des Etats Unis contre Cuba sans que notre pays l'ait demandé*, je doive plutôt vous appeler « frères »),
Je reste vraiment admiratif devant les interventions que j'ai écoutées ici, parce que, pendant des heures, j'ai noté les idées essentielles de chaque chef d'Etat ou gouvernement, vice-président et haut dirigeant qui a pris la parole ici.
J'ai participé à de nombreux Sommets, mais je n'ai jamais constaté une telle unité de vues entre les dirigeants du tiers monde.
Ce qui prouve deux choses :
D'abord, le talent, la clarté de vues, la capacité d'échafauder et d'exprimer des idées, l'expérience accumulée par les dirigeants de nos pays depuis quarante ans, depuis la création du Mouvement des pays non alignés et plus tard, du Groupe des 77, à mesure que de nombreux peuples représentés dans cette salle ont obtenu leur indépendance et que nous nous sommes soutenus mutuellement comme Etats libres ou comme mouvements de libération.
Ensuite, la profondeur de la crise que traversent nos pays en matière de développement, d'inégalité croissante et de discrimination.
Chacun a dénoncé les injustices et les calamités qui nous frappent et qui sont la cause de l'insomnie permanente dont tout le monde a parlé.
Pas un seul intervenant qui n'ait exprimé la tragédie de la dette qui ponctionne de mille manières les ressources dont nous avons besoin pour notre développement économique et social.
Il y a eu pratiquement unanimité de vues quant au fait que les bénéfices de la mondialisation ne touchent que 20 p. 100 de la population aux dépens des 80 p. 100 restants et que l'abîme ne cesse de se creuser entre les pays riches et le monde marginalisé.
On a retrouvé la même unanimité au sujet de la transformation que doivent subir l'Organisation des Nations Unies tout comme le système financier international.
Chaque délégation a dit d'une façon ou d'une autre que le commerce inégal et injuste décime les recettes d'exportation du tiers monde du fait des obstacles tarifaires et non tarifaires qui le privent du minimum nécessaire pour pouvoir payer la dette et accéder au développement économique et social durable.
Nous avons été aussi unanimes à nous plaindre que le développement scientifique et technique, monopolisé par le club privilégié des pays riches, est hors de notre portée car ceux-ci contrôlent les centres de recherche, accaparent presque la totalité des brevets et rendent toujours plus difficile notre accès aux connaissances et aux techniques. Un certain nombre de dirigeants du Sud se sont chargés de nous rappeler quelque chose que l'on mentionne à peine dans les manuels de politique et d'économie néolibérales : le vol éhonté des intelligences les plus qualifiées du tiers monde, que s'approprient les pays du Nord dans la mesure où ceux du Sud n'ont pas assez de centres de recherche et sont encore moins capables de payer les salaires élevés qui permettent aux sociétés de consommation de les attirer sans avoir déboursé un centime dans leur formation. De plus, de nombreux jeunes éminents du tiers monde qui font des études dans les universités des anciennes métropoles ou d'autres pays riches ne rentrent pas chez eux.
De nombreux dirigeants de notre monde ont donné des chiffres et des statistiques impressionnants au sujet du total des obligations financières que leurs pays ont accumulées, ou de la sinistre moquerie que représente le fait que, sur des dizaines de pays les plus pauvres, quatre seulement ont bénéficié d'une remise de dette ridicule. II saute aux yeux -et vous l'avez dit - que la dette du tiers monde doit être considérablement réduite, si tant est qu'on ne puisse pas la supprimer totalement, ce qui serait le plus juste et le plus équitable pour des peuples qui, depuis des siècles, avant et maintenant, l'ont épongée plusieurs fois.
De nombreux collègues ont parlé de la nécessité de fixer des obligations fiscales à différentes activités, et ce en vue de financer le développement.
Cuba a soutenu et soutient catégoriquement qu'un impôt de 1 p. 100 sur les opérations spéculatives suffirait à financer le développement du tiers monde. Que personne ne prête l'oreille à ceux qui affirment que ce ne serait pas possible : ça l'est parfaitement avec les ressources techniques et les connaissances actuelles.
On pourrait penser qu'il n'existe pas le moindre sentiment d'humanité sur notre planète quand on entend les participants à ce Sommet parler de milliards de personnes touchant moins de deux dollars, ou d'un, voire à peine quelques centimes pour survivre. Qui aurait pu supposer que plus de deux cents ans après le siècle de la fameuse révolution de la « liberté, égalité, fraternité », suivi par celui, sur le point de conclure, de l'industrialisation accélérée et des grandes avancées des communications, des sciences, de la productivité du travail, on continue de parler de centaines de millions d'affamés, de mal nourris, d'analphabètes, de chômeurs, de malades, sans compter la quantité effrayante d'enfants n'ayant pas le poids et la taille requis, n'allant pas à l'école, ne recevant pas de soins médicaux, ou contraints de faire des travaux durs et misérablement payés, sans parler de taux de mortalité infantile qui sont parfois vingt fois plus élevés que ceux des pays riches ? Voilà les droits de l'homme qui sont notre lot en permanence.
Que reste dans notre mémoire - comme emblème de notre époque - ce chiffre de 36 millions de victimes du sida dans le monde, dont 23 millions en Afrique, que nous a donné ici le secrétaire général des Nations Unies et dont le traitement exigerait 10 000 dollars par malade et par an. A quoi il faut ajouter six millions de nouveaux sidéens dans les douze prochains mois.
Pourquoi tout ceci arrive-t-il et jusqu'Ã quand ?
Il n'est quasiment personne qui n'ait dit d'une façon ou d'une autre qu'il attendait beaucoup de ce Sommet du Sud.
Je n'ai jamais vu un tel niveau de conscience. Si seulement nous étions aussi conscients de notre force dans l'unité que nous le sommes des bassesses et des injustices dont nous souffrons !
Peut-être pourra-t-on parler d'un avant et d'un après ce Sommet du Sud. Tout dépendra de nous.
On parlait avant d'apartheid en Afrique. Eh bien, nous pouvons parler maintenant d'apartheid dans le monde, où plus de quatre milliards de personnes se voient privées des droits de l'homme les plus élémentaires : la vie, la santé, l'éducation, l'eau potable, les aliments, le logement, l'emploi, l'espoir dans l'avenir et dans celui des enfants.
Au train où nous allons, bientôt nous n'aurons même plus droit à l'air que nous respirons, toujours plus empoisonné par des sociétés de consommation gaspilleuses qui polluent les éléments les plus essentiels de la vie et détruisent l'habitat humain. Des désastres naturels comme ceux qui ont eu lieu en Amérique centrale, au Venezuela, au Mozambique et dans bien d'autres pays, presque tous du tiers monde, en à peine dix-huit mois n'étaient jamais arrivés au XXe siècle. Ils ont tué des dizaines de milliers de personnes. Ce sont les conséquences des changements climatiques et de la destruction de la nature dont on ne peut nous accuser, nous, qui sommes réunis ici et qui luttons non seulement pour des normes universelles de justice, mais encore pour la préservation de la vie sur la planète.
Le monde riche prétend oublier que les causes du sous-développement et de la pauvreté ont été l'esclavage, le colonialisme, l'exploitation brutale et le pillage dont nos pays ont été victimes pendant des siècles. Il nous regarde comme des êtres inférieurs. Il attribue la pauvreté à la prétendue incapacité des Africains, des Asiatiques, des Caribéens et des Latino-Américains, autrement dit des Noirs, des Indiens, des Jaunes et des métis, à se développer, voire à se gouverner. Il parle de nos défauts comme si ce n'était pas lui qui avait inculqué à nos ethnies saines et nobles ses vices de colonisateur ou d'exploiteur.
Le monde riche oublie que quand l'Europe était peuplée de ceux que l'Empire romain considérait comme des barbares, il existait en Chine, en Inde, au Proche-Orient et en Extrême-Orient, au nord et au centre de l'Afrique, des civilisations qui avaient créé ce qu'on connaît aujourd'hui comme les Sept Merveilles du monde et inventé l'écriture bien avant que les Grecs n'aient su lire et qu'Homère n'ait écrit l'Illiade. Sur ce continent-ci, les Mayas et les autres civilisations précolombiennes avaient atteint des connaissances qui étonnent encore le monde.
Je suis fermement convaincu que l'ordre économique imposé par les pays riches n'est pas seulement cruel, injuste, inhumain, opposé au cours inévitable de l'Histoire, mais qu'il est aussi porteur d'une conception raciste du monde, de la même nature que celle qui a inspiré en Europe le nazisme de l'Holocauste et des camps de concentration. Ces derniers revivent aujourd'hui dans ce qu'on appelle des centres de réfugiés où ceux-ci se « concentrent » de fait à cause de la pauvreté, de la faim et de la violence. Une conception raciste de la même nature que celle qui a inspiré en Afrique le système abominable de l'apartheid.
Nous avons réfléchi à ce Sommet en quête d'unité, d'accumulation de forces, de stratégies, de tactiques et de formes de coordination et de direction de nos efforts, afin que nos droits économiques vitaux soient dûment reconnus. Mais ce Sommet veut dire aussi que nous sommes obligés de lutter pour notre dignité, pour notre culture et pour notre droit à être traités en égaux.
De même que, par un passé pas si lointain, nous avons vaincu le colonialisme pour devenir des pays indépendants, et que, encore plus récemment, les combattants héroïques d'Afrique du Sud ont, grâce au soutien commun du tiers monde, écrasé le régime ignominieux et fasciste de l'apartheid, de même nous pouvons démontrer aujourd'hui que nous ne sommes inférieurs à personne en capacité de lutte, en courage, en talents et en vertus.
Nous luttons pour les droits les plus sacrés des pays pauvres, mais nous nous battons aussi pour la sauvegarde de ce premier monde, incapable de préserver l'existence de l'espèce humaine, de se gouverner lui-même au milieu de ses contradictions et de ses intérêts égoïstes, à plus forte raison de gouverner le monde, dont la direction doit être démocratique et partagée. Bref, nous nous battons - on peut presque le prouver mathématiquement - pour préserver la vie sur notre planète.
Ce n'est qu'ainsi que nous éviterons que le navire dont je parlais dans mon allocution de bienvenue ne heurte l'iceberg et ne sombre, nous emportant tous.
Ce n'est qu'ainsi que nous aurons droit à la vie, et non à la mort.
Je vous remercie. (Applaudissements.)
c est un bon départ ?????????? relisez le début du texte de Steve ...Le coût d'une chambre d'hôtel dépassant de loin le salaire moyen des Cubains, seuls quelques rares riches de l'île pourront jouir de cette nouvelle liberté. Que pouvez vous attendre de dirigeants militaires et là en plus ces castristes sont communistes ...
DISCOURS PRONONCÉ PAR LE COMMANDANT-EN-CHEF FIDEL CASTRO À LA SESSION CONMÉMORATIVE À L'OCCASION DU 50è ANNIVERSAIRE DE L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ. Palais des Nations, Genève, Suisse. 14 mai 1998
Excellences,
Fonctionnaires de l'OMS,
Honorables délégations:
Hommage à l'Organisation mondiale de la santé qui aux côtés de l'UNICEF, a contribué à suaver la vie de centaines de millions d'enfants et de millions de mères; qui a soulagé les souffrances de bien d'autres millions d'êtres humains et les a sauvé de la mort! Ces deux organisations, de pair avec la FAO, le PNUD, la CNUCED, le PAM, le Fonds des Nations unies pour la population, l'UNESCO et bien d'autres institutions spécialisées si constestées par ceux qui voudraient effacer de la Terre les nobles idées qui ont inspiré la création des Nations unies; ont résolument favorisé la formation d'une conscience universelle sur les graves problèmes du monde contemporain et les grands défis que nous avons à relever.
Si, selon les calculs des préstigieux chercheurs, l'économie mondial, a sixtuplé en termes de croissance et si la production de biens et services est passée de moins de 5 billions de dollars à plus de 29 billions entre 1950 et 1997, pourquoi meurent encore chaque année 12 millions d'enfants de moins de cinq ans, soit 33 000 par jour; alors que l'inmense majorité pourrait se sauver? À aucun endroit du monde, aucun génocide, aucune guerre ne tue autant de personnes par minute, par heure et par jour que n'en tuent la faim et la pauvreté sur notre planète, et ce cinquant-trois ans après la fondation de l'Organisation des Nations unies.
Les enfants qui meurent alors qu'ils pourraient se sauver, sont en leur quasi-totalité des pauvres, et sur les survivants, pourquoi chaque année 500 000 perdent la vue tous les ans faute d'une simple vitamine dont le coût annuel est inférieur à celui d'un paquet de cigarettes? Pourquoi 200 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent de dénutrition? Pourquoi 250 millions d'enfants et d'adolescents travaillent? Pourquoi 110 millions ne vont pas à l'école primaire et 275 millions à la sécondaire? Pourquoi 2 millions de fillettes se prostituent chaque année?
Pourquoi en ce monde qui produit d'ores et déjà presque 30 billions de dollars annuels en biens et services, 1,3 milliards d'êtres humains vivent dans la misère totale? Pourquoi reçoivent-ils moins d'un dollar par jour alors que certains autres en touchent plus d'un million? Pourquoi 800 millions de personnes ne disposent pas des services de santé les plus élémentaires? Pourquoi des 50 millions de personnes, entre adultes et enfants, qui décedent tous les ans dans le monde, 17 millions, soit environ 50 000 par jour, meurent de maladies infectieuses dont presque toutes pourraient se soigner et beaucoup, ce qui serait mieux encore, se prévenir à temps, parfois pour moins d'un dollar par personne?
Que vaut une vie humaine? Et combien coûte à l'humanité l'ordre économique injuste et insupportable instauré dans le monde?
Un total de 585 000 femmes ont perdu leur vie en 1996 pendant la grossesse ou l'accouchement, dont 99 p. 100 dans le tiers monde. Un total de 70 000 sont décédées des suites d'un avortement réalisé dans de mauvaises conditions, dont 69 000 en Amérique latine, en Afrique et en Asie.
Indépendament l'énorme différence en matière de qualité de la vie, dans les pays riches les personnes vivent en moyenne douze ans de plus que dans les pays pauvres, cet écart atteignant dans certaines nations de 20 à 35 ans entre les plus riches et les plus pauvres.
Qu'il est triste de penser que, malgré les efforts consentis par l'OMS et l'UNICEF, pour s'en tenir au seul secteur de la mère et de l'enfant ces cinquantes dernières années plus de 600 millions d'enfants et 25 millions de mères sont décédés alors qu'ils auraient pu survivre faute de soins médicaux. Mais cela eût exigé un monde plus rationnel et plus juste. Durant cette même période de l'après-guerre, les dépenses militaires ont engloutis plus de 30 billions de dollars. Selon des estimations des Nations unies, l'accès universel aux services de santé élémentaires ne coûterait que 25 milliards de dollars par an, soit 3 p. 100 des 800 milliards de dollars investis de nos jours en dépenses militaires. Et la guerre froide a pris fin.
Le commerce des armes, qui servent à tuer ne cesse pas, et les médicaments, qui devraient servir à sauver des vies; se vendent toujours plus cher. Le marché des médicaments s'est chiffré en 1995 à 280 milliards de dollars. Mais les pays développés qui, avec leur 824 millions d'habitants; ne répresentent que 14,6 p. 100 de la population mondiale en consomment 82 p. 100; tandis que le reste du monde, soit 4 815 milliards, n'en consomme que 18 p. 100. Leurs prix rendent réellement inaccessible les médicaments dans le tiers monde, sauf pour les secteurs privilégiés. Le contrôle des brevets et des marchés, par les grandes transnationales fait majorer ces prix jusqu'à dix fois plus par rapport aux coûts de production. Certains antibiotiques de dernière génération se vendent sur le marché cinquante fois plus cher que leur prix de revient.
Mais l'humanité continue de croître tous les jours. Nous sommes déjà presque six milliards. Nous croissons à raison de 80 millions par an. Pour atteindre le premier milliard, nous avons mis deux millions d'années; pour le sécond milliard, cent ans et pour le dernier, onze ans. Dans cinquante ans, la planète comptera quatre milliards d'habitants de plus.
De vieilles maladies ont refait leur apparition et il y en a d'autres nouvelles: le Sida, l'ébola, l'hantavirus, l'encéphalopathie spongiforme bovine. Plus de 30 d'après les spécialistes. Soit nous vainquons le Sida soit le Sida fera des ravages dans de nombreux pays du tiers monde. Mais aucun malade pauvre ne peut dépenser les 10 000 dollars annuels que coûtent les traitements actuels qui, même s'il prolongent sa vie, ne les guérissent pas.
Le climat change, les océans et l'atmosphère se rechauffent, l'air et les eaux se polluent, les sols s'érodent, les déserts s'étendent, les forêts disparaissent, les eaux se raréfient. Qui sauvera notre espèce? Les lois aveugles et incontrôlables du marché, la mondialisation néoliberale, une économie qui croît pour soi-même et par soi-même tel un cancer qui dévore l'homme et détruit la nature? La voie ne saurait être là , ou alors elle ne sera que pour un laps très bref de l'histoire.
C'est contre ces réalités-là que l'Organisation mondiale de la santé lutte héroïquement et qui a, de plus, le devoir d'être optimiste.
En tant que Cubain et révolutionnaire, je partage cet optimisme. Cuba, où la mortalité infantile se chiffre à 7,2 décès pour mille naissances vivantes, qui compte un médecin pour 176 habitants -oit le taux le plus élevé au monde- et où l'espérance de vie dépasse 75 ans, a déjà réalisé dès 1983 le Programme de santé pour tous pour l'horizon 2000. Malgré le cruel blocus qu'elle endure depuis presque quarante ans, malgré sa condition de pays pauvre du tiers monde.
La tentative de pratiquer le génocide contre notre peuple nous a fait rédoubler nos efforts et notre volonté de survivre. Le monde peut lui aussi se battre et vaincre!
Je vous remercie.
Je vous remercie pour la traduction que j'ai du manquer a ma premiere intervention,mais apres lecture sommaire ma pensée reste la même,la liberté est tres souhaitable a Cuba.Et avant tout,des élections libres.
DISCOURS PRONONCE PAR FIDEL CASTRO RUZ,
PRESIDENT DU CONSEIL D'ETAT ET DES MINISTRES
DE LA REPUBLIQUE DE CUBA,
A LA SEANCE D'INAUGURATION DU SOMMET SUD
La Havane, 12 avril 2000
Excellences,
Chers délégués et invités,
L'humanité n'avait jamais disposé à ce jour d'un potentiel scientifique et technique si formidable, d'une capacité si extraordinaire de produire richesses et bien-être, et pourtant, le monde n'a jamais été si inégal ni l'iniquité si profonde.
Les merveilles techniques qui ont raccourci les distances et rapetissé la planète en matière de télécommunications vont de pair avec l'écart toujours plus énorme qui sépare les riches des pauvres, le développement du sous-développement.
La mondialisation est une réalité objective qui met en évidence le fait que nous sommes les passagers d'un même navire : cette planète que nous habitons tous. Mais les conditions du voyage ne sont pas les mêmes, tant s'en faut, pour tous les passagers.
Une infime majorité le fait dans des cabines de luxe, équipées de l'Internet, de téléphones portables, d'accès aux réseaux d'information mondiaux, tandis que les restaurants leur proposent des plats abondants et bien équilibrés, de l'eau potable; les médecins de bord, des soins de pointe, et le salon de loisirs, toutes les ressources de la culture.
L'écrasante majorité des passagers, environ 85 p. 100, voyagent en revanche dans des conditions qui évoquent les traversées horribles que faisaient les esclaves entre l'Afrique et l'Amérique à l'époque coloniale : entassés dans des cales insalubres, tenaillés par la faim, les maladies, la souffrance et le désespoir.
Ce transatlantique emporte à son bord trop d'injustice pour se maintenir à flot, et il suit un cap si irrationnel et si absurde qu'il ne saurait atteindre en aucun cas un havre sûr. Il semble plutôt voué à heurter un iceberg. Et, dans ce cas, nous coulerons tous.
Nous, chefs d'Etat et de gouvernement ici réunis qui représentons cette majorité souffrante, nous avons le droit, qui plus est l'obligation, de donner un coup de barre et de corriger ce cap catastrophique. Nous avons l'obligation d'occuper la place qui nous revient sur la passerelle et de faire en sorte que nous naviguions tous dans des conditions de solidarité, d'équité et de justice.
Depuis vingt ans, on n'a ressassé aux oreilles du tiers monde qu'un discours simpliste et unique, et on lui a imposé une politique unique.
On nous a assuré que le marché sans réglementation, la privatisation à outrance et l'abandon par l'Etat de toute activité économique étaient des principes infaillibles qui nous conduiraient au développement économique et social.
Et c'est suivant ces principes-là que les pays développés, en particulier les Etats-Unis, les transnationales bénéficiaires de ces politiques et le Fonds monétaire international ont conçu ces vingt dernières années l'ordre économique mondial non seulement le plus hostile qui soit au progrès de nos pays, mais encore le plus intenable au maintien de la vie sur les plans social et environnemental.
On a enfilé à la mondialisation la camisole de force du néolibéralisme, de sorte qu'elle tend à globaliser, non le développement, mais la pauvreté; non le respect de la souveraineté nationale des nos Etats, mais sa violation; non la solidarité entre les peuples, mais le sauve-qui-peut dans le cadre d'une concurrence commerciale déloyale.
Vingt années de ce qu'on appelle l'ajustement structurel néolibéral se sont soldées par une échec économique et un désastre social avec lesquels les hommes politiques responsables ont le devoir de se colleter afin de prendre les décisions indispensables qui tireront le tiers monde de cette impasse.
L'échec économique saute aux yeux. L'économie mondiale sous perfusion de politiques néolibérales a, de 1975 à 1998, enregistré une croissance globale qui est à peine la moitié de celle de 1945-1975 quand les pays appliquaient des politiques keynésiennes de régulation des marchés et que les Etats participaient activement à l'économie.
L'Amérique latine, où le néolibéralisme a été appliqué selon une orthodoxie doctrinaire, a enregistré durant cette étape une croissance économique qui n'atteint pas non plus la moitié de ce qu'elle avait été dans le cadre des politiques sous conduite de l'Etat. Au début de l'après-guerre, l'Amérique latine n'avait pas de dette. Or, nous devons aujourd'hui presque un billion de dollars. La dette par habitant y est la plus lourde du monde. Et l'écart de revenu entre les riches et les pauvres y est aussi le plus grand du monde. Elle connaît plus de pauvres, de chômeurs et d'affamés qu'aux pires moments de son histoire.
L'économie mondiale, donc, n'a pas enregistré une croissance plus rapide en termes réels sous le néolibéralisme. En revanche, différents symptômes se sont aggravés : instabilité, spéculation, dette extérieure, échange inégal, tendance à des crises financières plus fréquentes, pauvreté, inégalité, abîme entre le Nord opulent et le Sud démuni.
Crise, instabilité, désordre et incertitude: voilà les termes les plus usités ces vingt dernières années chaque fois que l'on parle de l'ordre économique mondial.
La déréglementation néolibérale et la libéralisation du compte de capital ont de profondes retombées négatives sur une économie mondiale où l'on voit fleurir la spéculation sur les marchés de devises et des dérivés financiers où les transactions, la plupart foncièrement spéculatives, tournent autour de trois billions de dollars par jour.
On exige de nos pays toujours plus de transparence informative et une supervision bancaire efficace, alors que des entités financières, tels les fonds de couverture, n'offrent pas d'informations sur leurs activités, ne sont astreintes à aucune réglementation et réalisent des opérations dont les montants dépassent l'ensemble des réserves bancaires des pays du Sud.
Dans un climat de spéculation aussi débridée, les mouvements de capitaux à court terme rendent les pays du Sud vulnérables à tout imprévu extérieur.
On contraint le tiers monde à immobiliser des ressources financières et à s'endetter pour maintenir des réserves en devises dans l'espoir de résister aux attaques des spéculateurs. Vaine illusion : bien qu'ils aient consacré ces dernières années plus de 20 p. 100 de leurs rentrées de capitaux à leurs réserves, ils ont été incapables en fin de compte de résister à ces attaques, comme l'a prouvé la crise financière qui a éclaté récemment dans l'Asie du Sud-Est.
Les Etats-Unis disposent d'environ 727 milliards de dollars provenant des réserves des banques centrales du monde. Il est foncièrement absurde que les pays pauvres financent par leurs réserves -- à bon marché et à long terme -- le pays le plus riche et le plus puissant du monde, alors qu'ils pourraient les consacrer au développement non seulement économique, mais encore social.
Si Cuba a pu faire ce qu'elle a fait dans les domaines de l'éducation, de la santé, de la culture, de la science, du sport et d'autres secteurs sociaux, avec un succès que personne au monde ne conteste, et ce malgré un blocus économique qui dure depuis maintenant quarante ans, si elle a pu, qui plus est, revaloriser sa monnaie au septuple par rapport au dollar ces cinq dernières années, c'est parce qu'elle a le privilège de ne pas appartenir au Fonds monétaire international.
Un système financier qui oblige des pays à congeler tant de ressources dont ils ont besoin si désespérément, et ce juste pour se protéger de l'instabilité qu'engendre le système en soi, et qui aboutit à ce que les pauvres financent les riches, est un système qu'il faut abattre.
Le FMI est l'organisation emblématique du système monétaire actuel. Les Etats-Unis y jouissent d'un droit de veto.
Il a fait preuve, au cours de la récente crise financière, d'imprévision, de maladresse dans la gestion de celle-ci, tout en imposant des conditionnalités qui paralysent les politiques de développement social des gouvernements, leur créent de graves problèmes intérieurs et les empêchent d'obtenir les ressources nécessaires au moment où ils en ont le plus besoin.
Il est temps que le tiers monde demande avec énergie le démantèlement d'un organisme qui n'offre pas de stabilité à l'économie mondiale et qui fonctionne, non pour allouer aux débiteurs des fonds de prévention et leur éviter des crises de liquidités, mais pour protéger et sauver les créanciers.
Comment un ordre monétaire international qui permet à quelques technocrates dont les emplois dépendent du soutien nord-américain de concevoir depuis Washington des programmes d'ajustement économique toujours analogues applicables à des pays du tiers monde dont les problèmes concrets sont extrêmement variés pourrait-il être rationnel et moral ?
Qui est responsable quand les programmes d'ajustement provoquent le chaos social, paralysent et déstabilisent des pays possédant de grandes ressources humaines et naturelles, comme cela est arrivé en Indonésie et en Equateur ?
Il est d'une importance vitale pour le tiers monde de faire disparaître cette sinistre institution et la philosophie qu'elle représente, et lui substituer un organe régulateur des finances internationales qui fonctionne sur des bases démocratiques et sans droit de veto pour quiconque, qui ne défende pas uniquement les créanciers riches, qui n'impose pas de conditionnalités marquées au sceau de l'ingérence et qui permette de réglementer les marchés financiers en vue de freiner une spéculation débridée.
Sur ce dernier point, il serait possible d'établir un impôt, non de 0,1 p. 100, comme l'a proposé le génial Tobin, mais de 1 p. 100 au minimum sur les transactions financières spéculatives, ce qui permettrait de créer en plus un fonds indispensable de plus d'un billion de dollars par an en vue d'assurer le développement véritable, durable et intégral du tiers monde.
La dette extérieure des pays sous-développés étonne par son montant gigantesque, par le mécanisme scandaleux de soumission et d'exploitation qu'elle implique et par la façon ridicule de lui faire face que proposent les pays développés.
Cette dette dépasse d'ores et déjà 2,5 billions de dollars, et sa croissance ces dix dernières années s'avère encore plus dangereuse que dans les années 70.
Une grande partie de cette nouvelle dette peut changer de mains facilement sur les marchés secondaires, est plus dispersée et s'avère plus difficile à renégocier.
Je dois répéter une nouvelle fois ce que je ne cesse de dire depuis 1985 : la dette a largement été payée compte tenu des termes dans lesquels elle a été contractée, de la croissance vertigineuse et arbitraire des taux d'intérêt du dollar au cours de la décennie antérieure et des chutes des cours des produits de base, source de revenus fondamentale des pays qui doivent encore se développer. La dette continue de s'alimenter elle-même en un cercle vicieux où l'on emprunte pour payer les intérêts.
Il est plus évident que jamais que la dette n'est pas un problème économique : c'est un problème politique et c'est à ce titre qu'il faut le régler. On ne saurait continuer d'ignorer que sa solution doit venir essentiellement de ceux qui ont les ressources et le pouvoir pour le faire : les pays riches.
Ce qu'on appelle l'Initiative pour réduire la dette des pauvres lourdement endettés a un intitulé dont la longueur est inversement proportionnelle à ses résultats. Le seul qualificatif qu'elle mérite est celui de ridicule, dans la mesure où elle se propose de soulager 8,3 p. 100 de la dette totale des pays du Sud. Alors qu'elle a été lancée voilà quatre ans déjà , seuls quatre pays des trente-trois les moins avancés sont parvenus à passer à travers les mailles d'un processus compliqué pour se voir finalement annuler à peine 2,7 milliards de dollars, soit 33 p. 100 de ce que les Nord-Américains dépensent tous les ans en cosmétiques.
La dette extérieure est aujourd'hui un des plus graves obstacles au développement, et une bombe de plus prête à exploser sous les fondements de l'économie mondiale à la première crise économique.
Les ressources nécessaires à une solution de fond du problème ne sont pas si importantes comparées aux richesses et aux dépenses des pays créanciers. Rien que pour financer des armes et des soldats, alors que la guerre froide a pris fin, on dépense tous les ans 800 milliards de dollars; non moins de 400 milliards s'envolent en drogues, sans parler du billion de dollars gaspillé dans des publicités commerciales qui sont aussi aliénantes que les drogues elles-mêmes, pour ne citer que trois exemples.
Comme je l'ai dit d'autres fois en faisant preuve d'un réalisme sincère, la dette extérieure du tiers monde est impossible à payer et à recouvrer.
Le commerce mondial demeure - et il le sera toujours plus sous la mondialisation néolibérale - un instrument de domination des pays riches, un facteur permettant de perpétuer et d'aggraver les inégalités, et le théâtre d'une lutte intense entre pays développés pour contrôler les marchés actuels et futurs.
Le discours néolibéral prône la libéralisation commerciale comme la seule formule absolue de l'efficacité et du développement. Selon lui, tous les pays doivent éliminer les instruments protégeant leurs marchés internes, les différences de développement entre les pays, si grandes soient-elles, ne pouvant être une justification pour s'écarter de cette voie qu'on prétend nous présenter comme la seule possible. Au terme de négociations ardues, l'OMC ne reconnaît aux pays les plus pauvres que de petites différences, mais simplement de délais, au sujet des conditions présidant à leur entrée pleine dans ce système néfaste.
Alors que le néolibéralisme nous serine le discours relatif aux chances qu'offre l'ouverture commerciale, la part des pays sous-développés aux exportations mondiales était inférieure en 1998 à celle qu'elle était en 1953, quarante-cinq ans avant. Le Brésil, avec ses 8,5 millions de kilomètres carrés, ses 168 millions d'habitants et ses 51,1 milliards de dollars de ventes a l'étranger en 1998, exporte bien moins que les Pays-Bas, avec leurs 41 500 kilomètres carrés, leurs 15,7 millions d'habitants, qui ont exporté cette même année pour 198,7 milliards de dollars.
La libéralisation du commerce a consisté pour l'essentiel en une élimination unilatérale d'instruments de protection de la part du Sud, sans que les pays développés aient fait de même afin de permettre aux exportations du tiers monde d'entrer sur leurs marchés.
Les pays riches ont stimulé la libéralisation dans des secteurs clefs ayant à voir avec la maîtrise technologique et où ils jouissent d'avantages énormes que le marché déréglementé se charge d'accentuer. Tels sont les cas classiques des services, de la technologie de l'information, de la biotechnologie et des télécommunications.
En revanche, dans des secteurs comme l'agriculture et les textiles, d'une grande importance pour nos pays, ceux-ci ne sont même pas parvenus à faire lever les restrictions dont il avait été décidé au Cycle d'Uruguay, parce que cela ne convient pas aux intérêts des pays développés.
Les pays de l'OCDE, ce club des plus riches, appliquent aux produits finis exportés par les pays en développement des tarifs douaniers qui quadruplent en moyenne ceux qu'ils s'appliquent entre eux. Une vraie muraille de barrières non tarifaires se dresse devant les pays du Sud.
On a instauré dans le commerce international un discours hypocrite ultralibéral qui se combine avec le protectionnisme sélectif qu'imposent les pays du Nord.
Les produits de base demeurent le maillon le plus faible du commerce mondial. Or, ils représentent non moins de la moitié des recettes d'exportations de soixante-sept pays du Sud.
La vague néolibérale a emporté les mécanismes qui défendaient les termes de l'échange des produits de base. La cour suprême du marché ne pouvant tolérer la moindre distorsion, les accords relatifs à ces produits et d'autres mécanismes de défense permettant de combattre l'échange inégal ont été abandonnés. Et voilà pourquoi le pouvoir d'achat de produits comme le sucre, le cacao, le café et autres similaires est tombé à 20 p. 100 de celui de 1960, et ne permet même pas d'amortir les coûts de production.
Le traitement spécial et différencié aux pays pauvres, qui constitue une reconnaissance de l'existence non seulement d'énormes clivages de développement qui empêchent de jauger à la même aune les riches et les pauvres, mais encore d'un passé historique colonial qui exige une compensation, a été conçu non comme un acte de justice élémentaire et une nécessité imprescriptible, mais un oeuvre pie temporaire.
L'échec de la réunion de Seattle a traduit la lassitude et l'opposition que la politique néolibérale suscite dans des milieux d'opinion croissants des pays du Sud et même du Nord.
Les Etats-Unis avaient présenté le cycle de négociations commerciales qui devait s'enclencher à Seattle comme un palier supérieur dans la libéralisation commerciale, sans faire cas - à moins que ce ne soit : sans se souvenir - du fait que leur loi de commerce extérieure agressive et discriminatoire inclut des dispositions telles que la Super-301, qui est un bel échantillon de mesures discriminatoires et de menaces de sanctions contre d'autres pays pour des motifs allant de la prétendue application d'obstacles à des produits nord-américains jusqu'à la note arbitraire, intéressée et bien souvent cynique que le gouvernement de ce pays donne à d'autres en matière de droits de l'homme.
On a assisté à Seattle à un soulèvement contre le néolibéralisme, dont le précédent avait été l'échec des tentatives d'imposer un Accord multilatéral sur l'investissement. Ce sont là des preuves que la vision fondamentaliste et agressive du marché, qui a causé de graves pertes à nos pays, suscite dans le monde une répulsion forte, mais bien méritée.
En sus des calamités économiques susmentionnées, la flambée épisodique des cours du pétrole empire sensiblement la situation des pays du Sud importateurs nets de cette ressource vitale.
Le tiers monde fournit environ 80 p. 100 du pétrole vendu dans le monde, dont 80 p. 100 est exporté dans les pays développés.
Les pays riches peuvent payer à n'importe quel prix l'énergie qu'ils gaspillent pour soutenir des consommations somptuaires, même si cela détruit l'équilibre écologique. Ainsi, les Etats-Unis consomment 8,1 tonnes équivalent pétrole par an et par habitant, alors que les pays du tiers monde n'en consomment en moyenne que 0,8, et les quarante-huit les moins avancés, seulement 0,3.
Quand les cours flambent abruptement de 12 à 30 dollars le baril, voire plus, leur effet est désastreux pour les pays du tiers monde et vient aggraver les retombées négatives de la dette extérieure, des bas prix de leurs produits de base, des crises financières et de l'échange inégal. Et c'est ainsi qu'un nouvel échange de cette nature, tout aussi destructeur, voit le jour, en provenance cette fois-ci des frères du Sud.
Le pétrole est un produit si vital et dont les besoins sont si universels qu'il échappe en fait aux lois du marché. Ses cours ont toujours été décidés, d'une façon ou d'une autre, par les grandes sociétés transnationales ou par les pays du tiers monde exportateurs qui se sont associés pour défendre leur intérêts.
Les cours déprimés, tout en bénéficiant essentiellement aux pays riches, gros gaspilleurs d'hydrocarbures, limitent la recherche et l'exploitation de nouveaux gisements, la mise au point de techniques réduisant la consommation et protégeant l'environnement et portent préjudice aux exportateurs de notre monde. Les cours élevés profitent aux exportateurs, sont aisément supportables par les pays riches, mais sont en revanche désespérants et destructeurs pour les économies d'une grande partie du tiers monde.
C'est d'ailleurs là un bon exemple que le traitement différencié de pays dont les conditions de développement sont disparates doit constituer un principe juste et indispensable dans le commerce mondial. Il est absolument injuste que le Mozambique, un pays pauvre du tiers monde, dont le Produit intérieur brut se chiffre à 84 dollars par habitant, doive payer un produit si vital autant que la Suisse, dont le PIB par habitant est de 43 400 dollars, soit 516 fois celui du Mozambique !
Le Pacte de San José, souscrit voilà vingt ans par le Venezuela et le Mexique avec un groupe de petits pays de la région importateurs de pétrole, constitue un bon précédent de ce que l'on peut et de ce que l'on doit faire, compte tenu des conditions particulières de chaque pays du tiers monde dans des circonstances similaires, tout en évitant en l'occurrence d'assortir ce traitement différencié de conditions.
Certains pays ne sont pas en mesure de payer le baril de pétrole plus de dix dollars, d'autres, plus de quinze. Et aucun, en tout cas, plus de vingt.
Le monde des pays riches, dépensier et gros consommateur, peut en revanche payer plus de trente dollars le baril sans même le noter. S'ils consomment 80 p. 100 de ce qu'exportent les producteurs du tiers monde, des cours inférieurs pour les 20 p.100 restants seraient avantageusement compensés.
Ce serait là une façon concrète et efficace de convertir la coopération Sud-Sud en un puissant instrument de développement du tiers monde. Agir autrement reviendrait à nous entre-dévorer.
Dans un monde mondialisé où les connaissances sont la clef du développement, l'écart technique entre le Nord et le Sud ne cesse de se creuser, alors que la recherche scientifique et ses résultats sont de plus en plus privatisés.
Les pays développés, où ne vivent que 15 p. 100 des habitants de la planète, concentrent 88 p. 100 des internautes. On compte aux Etats-Unis plus d'ordinateurs que dans le reste du monde. Les pays développés contrôlent 97 p. 100 des brevets mondiaux, touchent plus de 90 p. 100 des droits de licences internationales, alors que de nombreux pays du Sud ignorent jusqu'à l'usage des droits de propriété intellectuelle.
L'appât du gain prime les besoins dans la recherche privée, les droits de propriété intellectuelle excluent les pays sous-développés de la connaissance et les lois sur les brevets ne reconnaissent pas les connaissances ni les systèmes de propriété traditionnels qui sont si importants dans le Sud.
La recherche privée est axée sur les besoins des consommateurs riches.
Les vaccins constituent les techniques les plus efficaces en matière de soins sanitaires, car ils sont à même de prévenir un maladie en une seule dose, mais comme ils produisent peu de profits, ils sont relégués par rapport aux médicaments qui, exigeant des doses réitérées, engendrent de plus gros profits.
Les nouveaux médicaments, les meilleures semences et, en règle générale, les meilleures techniques, convertis en marchandises, ne sont à la portée que des pays riches.
Les sinistres résultats sociaux de cette course néolibérale à la catastrophe crèvent les yeux.
Dans plus de cent pays, le revenu par habitant est inférieur à celui d'il y a quinze ans. De nos jours, 1,6 milliard d'habitants vivent dans des conditions pires qu'au début des années 80.
Plus de 820 millions de personnes, dont 790 millions vivent dans le tiers monde, sont atteintes de dénutrition. On estime que 507 millions de personnes dans les pays du Sud mourront avant quarante ans.
Dans les pays du tiers monde que nous représentons ici, 2 enfants sur 5 souffrent de rachitisme, et 1 sur 3 n'a pas le poids requis. Trente mille meurent tous les jours qui pourraient se sauver. Deux millions de fillettes sont contraintes de se prostituer. Plus de 130 millions d'enfants ne vont pas à l'école primaire, 250 millions de moins de quinze ans sont contraints de travailler pour survivre.
L'ordre économique mondial fonctionne pour 20 p. 100 de la population, tout en excluant, rabaissant et dégradant les 80 p. 100 restants.
Nous ne pouvons nous résigner à entrer dans le siècle prochain comme une arrière-garde retardataire, pauvre, exploitée, victime du racisme et de la xénophobie, interdite de connaissance et culturellement aliénée par le message de surconsommation que mondialisent les médias.
Il ne saurait être question pour le Groupe des 77 de supplier les pays développés, ni de nous soumettre, de nous avouer vaincus ou de nous diviser entre nous : nous devons retrouver notre esprit de lutte, nous unir toujours plus autour de nos revendications.
On nous a promis, voilà cinquante ans, que l'abîme disparaîtrait entre les pays développés et les pays sous-développés. On nous a promis le pain et la justice, mais le pain et la justice nous sont plus comptés que jamais !
On pourra bien mondialiser la planète sous l'égide du néolibéralisme, mais il sera impossible de gouverner des milliards de personnes affamées de pain et assoiffées de justice !
Les photos de mères et d'enfants que nous voyons dans des régions entières d'Afrique, frappées par le fléau de la sécheresse et d'autres catastrophes, nous rappellent les camps de concentration de l'Allemagne nazie, font revivre sous nos yeux les monceaux de cadavres ou d'hommes, de femmes et d'enfants moribonds.
Il faut un nouveau Nuremberg pour juger l'ordre économique qu'on nous a imposé et qui, tous les trois ans, tue de faim et de maladies que l'on peut prévenir ou guérir autant d'hommes, de femmes et d'enfants que ceux qui ont péri dans la seconde guerre mondiale.
Que faire ? Voilà ce que nous devons discuter ici.
Nous disons ici à Cuba : Nous devrions dire à ce Sommet du tiers monde :
Je vous remercie.
merci pour l intox...on connait
Moins de prisonniers politiques, plus d'arrestations arbitraires
Dalia Acosta
LA HAVANE, 21 janvier (IPS) - Le nombre de prisonniers politiques à Cuba a sensiblement diminué l'an dernier, mais les arrestations arbitraires étaient cependant plus fréquentes, constate un rapport de la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (CCDHRN).
En 2007, au moins 325 personnes ont fait l'objet d'une arrestation arbitraire et ont été privées de leur liberté pendant quelques heures ou plusieurs jours, indique un rapport diffusé la semaine dernière par la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale, une ONG illégale depuis 1987, mais dont les activités sont cependant tolérées par les autorités.
"Nos observations au jour le jour laissent penser que le style de répression politique a changé à Cuba. Des longues périodes d'emprisonnement, que nous connaissions encore il y a quelques années, nous sommes passés à de plus courtes durées de détention", constate Elizardo Sanchez, le président de la Commission.
Pour l'ONG de défense des droits humains, le gouvernement intérimaire - en place depuis l'annonce de l'état de santé du président Fidel Castro fin juillet 2006 - "n'a rien fait pour améliorer la situation des droits civils, politiques et économiques qui perdure depuis 40 ans à Cuba".
De leur côté, les autorités cubaines n'accordent aucune légitimé à ce genre de rapport ainsi qu'à l'organisation CCDHRN qui, selon elles, n'a aucune légalité sur l'île et n'existe que grâce au soutien financier des Etats-Unis qui imposent depuis plus de 40 ans un blocus économique vis-à -vis de Cuba.
Au 31 décembre 2007, la Commission pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale estime que Cuba comptait 234 prisonniers politiques, soit un peu moins que ses précédentes estimations publiées en 2006 et 2005, lorsque l'ONG évoquait respectivement 283 et 333 personnes emprisonnées pour des motifs politiques sur l'île.
Parmi ces 234 prisonniers politiques, 72 sont considérés comme des prisonniers d'opinion par l'organisation de défense des droits humains Amnesty International, précise également le rapport de la Commission. Et parmi ces détenus, 59 prisonniers purgent une peine dans une prison de haute sécurité, tandis que 13 ont bénéficié d'une remise en liberté conditionnelle pour des raisons de santé, poursuit le rapport.
Pour l'organisation, "si le gouvernement cubain appliquait, sans discrimination fondée sur des raisons idéologiques, les sections 1 et 2 de l'article 58 du Code pénal qui autorisent les remises en liberté conditionnelle, plus d'une centaine de prisonniers politiques pourraient être libérés immédiatement", estime le rapport. Il n'existe aucune statistique officielle concernant la population carcérale à Cuba, mais l'ONG estime que celle-ci frôle les 80.000 détenus.
Dans les conclusions de son rapport, la Commission salue l'annonce récente faite par les autorités cubaines à propos de son intention de ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que le Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels de l'ONU, "si la volonté des autorités est de respecter l'esprit de ces deux instruments", précise-t-elle cependant. Cette décision devrait en effet permettre une surveillance régulière de la part du Conseil des droits de l'homme, dès 2009, se félicite l'ONG. (FIN/IPS/2008)
Peut-être comprendra-t-on maintenant un peu mieux pourquoi le peuple cubain résiste toujours, fait vivre sa révolution, soutient son État-nation et ses leaders révolutionnaires. Les Cubains ont tenus le choc extrêmement dur qu'a représenté la disparition de l'URSS et du CAEM. Disparition qui a fait chuté ses exportations et ses importations de près de 80% et son PIB de 35% en 3 ans. Disparition qui l'a obligé à mettre en œuvre un système de double circulation monétaire dans son économie, mais aussi à changer de moteurs de croissance de cette économie, en passant du sucre au tourisme, à l'investissement étranger, aux rapatriements de devises (en plus du nickel, du tabac...). Et ce, pour préserver coûte que coûte son indépendance nationale et les acquis de la Révolution : la santé et l'éducation publiques, l'alimentation à prix modiques (libreta), les services publics, la recherche scientifique, mais aussi les missions internationalistes (celles des médecins cubains notamment, qui exercent leur métier dans de nombreux pays pauvres, gratuitement pour leurs patients). La crise des années 1990, la « période spéciale » comme on dit à Cuba, a été très dure, pour tous les Cubains. Mais ils se tiennent toujours debout. Depuis 1994-95, l'économie s'est même redressée, au point que Cuba enregistre depuis 10 ans l'une des plus fortes croissances du PIB de toute l'Amérique latine. Du pétrole a été découvert. La dé-dollarisation a récemment été engagée, depuis novembre 2004, pour réduire les inégalités observées depuis 1990 -inégalités qui avaient beaucoup reculé jusqu'en 1990 (mais même aujourd'hui, Cuba reste, de très loin, le pays le plus égalitaire d'Amérique (États-Unis compris). Des relations ont été établies avec le Venezuela -où une révolution populaire est également en marche, avec laquelle Cuba vient de signer le traité d'ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques et les Caraïbes), alternative à l'ALCA (Zone de Libre-Échange des Amériques, sponsorisé par le président Bush) ; avec la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, le Brésil, les grands pays du Sud, mais aussi avec la Russie. Ce qu'il faut souligner ici, c'est que les mécanismes de marché ont certes progressé à Cuba, mais il n'y a pas eu de retour au capitalisme à Cuba -et encore moins à un capitalisme néo-libéral, tourné contre le peuple, comme c'est le cas dans d'autres pays dits « en transition ». Il n'y a pas ou peu de propriété privée du capital à Cuba, pas ou peu de salariat privé, pas ou peu de marché financier. Cuba est restée socialiste. Peut-être est-ce parce que Cuba est restée socialiste qu'il n'y a pas là -bas, comme ailleurs dans tous les autres pays d'Amérique latine, d'enfants des rues, laissés sans soins ni éducation...
Violations des règles démocratiques [modifier]
Prisonniers politiques : les camps de travail enfermaient des catholiques (comme le cardinal Jaime Ortega), des témoins de Jéhovah, des homosexuels ainsi que des personnes qualifiées d'« associales »[2]. Selon un rapport publié le 10 janvier 2005 par la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), 294 prisonniers politiques sont encore enfermés à Cuba, contre 327 début 2004. Selon ce rapport, en 2004, au moins 21 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques. Il rappelle également que le gouvernement cubain continue de refuser l'accès aux prisons au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Commission des droits de l'homme de l'ONU. Plus de 100 000 Cubains ont connu depuis 1959 les camps et les prisons en raison de leurs opinions, et de 15 000 à 17 000 personnes ont été fusillées[3].
Liberté d'expression et de la presse : selon Amnesty International et Reporters sans frontières, de nombreux journalistes et opposants sont emprisonnés. Le 23 juin 2003, 50 ressortissants cubains ont été condamnés à de lourdes peines d'emprisonnement, en application de l'article 91 du Code Pénal et de la loi n°88. La raison invoquée existe dans tous les codes civils des États démocratiques : « travail de concert avec une puissance étrangère dans l'objectif d'ébranler le Gouvernement cubain ». Le poète Raul Rivero, actuel président de la Société interaméricaine de presse (SIP), a été arrêté en mars 2003 avec 74 autres opposants lors de la vague de répression, l'une des plus sévères lancée par la dictature de Fidel Castro. Accusé de « trahison de la patrie » et de « collaboration avec une puissance étrangère » au cours d'un procès sommaire, il a été condamné à 20 ans de prison. Il est libéré le 30 novembre 2004 à la suite de « pressions douces » de José Luis RodrÃguez Zapatero, premier ministre espagnol. Le 29 août 2006, le journaliste Juan Carlos Herrera Acosta, condamné à 20 ans de prison à Camagüey, a été frappé par ses gardiens parce qu'il demandait le droit de téléphoner[4]. Lorsque Fidel Castro est tombé malade en août 2006, la pression s'est accentué sur les dissidents : des groupes chargés de la surveillance de leur voisinage encouragèrent la délation. À Banes, dans la province d'Holguin, la seule bibliothèque indépendante de la ville a été encerclée par des groupes de citoyens vérifiant les identités des personnes qui voulaient entrer[5].
Censure d'internet : les Cubains sont peu équipés en matériel informatique (3,3 ordinateurs pour 100 habitants, c'est-à -dire l'un des taux les plus faibles du monde[6]) et il n'existe qu'un seul opérateur dans le pays, la société ETEC SA[6]. L'ouverture d'une ligne internet est soumise à l'autorisation des autorités de l'île. L'utilisation d'internet ne doit pas « compromettre la sécurité d'État » ni aller contre « les lois et principes moraux du pays », des motifs suffisamment flous pour couper arbitrairement un accès à internet[6]. Les cybercafés sont surveillés et trop coûteux pour la population. Les clients sont dans l'obligation de décliner leur identité[6]. La recherche de mots-clés jugés « subversifs » par le régime entraîne la fermeture du programme[6]. Les dissidents tels que Guillermo Fariñas (qui a reçu le prix Cyberliberté de RSF en 2006) luttent pour la liberté d'expression et d'information sur internet.
Parti communiste cubainLa justice cubaine est contrôlée par le gouvernement. Plusieurs journalistes dissidents ont été emprisonnés sans avoir été jugés[7].
Absence du pluripartisme : le parti communiste est le seul légal et seule la presse officielle est autorisée. Dès 1959, les partisans de Batista sont exécutés de façon expéditive[8]. Toute critique est condamnée : par exemple, Jesús Yáñez Pelletier, vice-président du Mouvement pour les droits de l'Homme, est assigné à résidence et étroitement surveillé parce qu'il avait manifesté son opposition au rapprochement de Fidel Castro avec le Parti communiste cubain au début des années 1960[9].
Encore une gigantesque dérappe de la trinité lustucccienne
Ouais..Bof !!!
Raoul va donner ce que les cubains veulent avoir. A force de voir la pelouse toujours plus verte chez le voisin... ils veulent eux aussi goûtés aux plaisirs d'une économie de marché libre...le rêve capitaliste. Ils vont cependant constater très rapidement que leur ancienne vie communiste leur permettait de se nourrir et d'avoir le minimum. Alors que le rêve capitaliste tournera au cauchemar pour monsieur tout le monde et qu'une faible portion de la population profitera de la manne...plusieurs se souviendront avec nostalgie du temps ou il y avait le pouvoir et les pauvres. Et oui Cuba va tomber dans le panneau et de venir une société avec un pouvoir, des riches et surtout plein de gens très pauvres. Je suis désoler à l'avance pour vous Cubain mais oublier ce que Castro voulait pour vous ne vous rendra pas plus riche.
Ouais, après les végétaleux qui ont littéralemet bombardé le blogue sur le sujet de la chasse au phoques, voilà ti pas, que nous avons un pro communiste qui nous "honore" de ses écrits (copié collé) :o)
Pour ceux qui le savent pas encore Anonyme et Lustuccc sont
la même personne paranoïaque avec ces millions de liens et
ces textes qui n'en finissent plu.
Quand je lis Anonyme je m`ennuie d`Azaran....
Où êtes-vous Azaran? a l`aide!!!!
Michel et son terrorisme mediatique
parle nous donc des droits de la personne à cuba ??
Rien de mieux à dire Guy? C'est intéressant de voir ce que disent les Castro & cie. Y a du bon dans leurs idées. C'est parfois la façon dont c'est appliqué que ça va pas. Mais quand je compare le Québec et Cuba, je vois du bien et du mal dans les deux.
Brad...tu compares le Québec et Cuba...dans ton fauteuil,ou dans ton 4x4, ou sur le bord de ta piscine....tu peux dire à tous tes amis présents autour de ton BBq que Charest est une ordure,un vendu...personne va venir te chercher au petit matin pour te mettre à l ombre au fond d un trou...apprécie au moins ca...
Albert, Azaran écrivait de très bons commentaires, il est dommage qu'il ne soit plus participant à ce blogue.
Par contre, il y a une couple d'intervenants que j'enverrais volontiers à Cuba, billet aller seulement.
michel a dit le 2 avril 2008 à 10H59 parle nous donc des droits de la personne à cuba ??
C'est vrai qu'à Cuba les droits de la personne sont baffoués, surtout à Guantanamo...
Michel, à Cuba aussi ".tu peux dire à tous tes amis présents autour de ton BBq que Charest est une ordure,un vendu...personne va venir te chercher au petit matin pour te mettre à l ombre au fond d un trou.."
michel a dit le 2 avril 2008 à 10H59 parle nous donc des droits de la personne à cuba ??
C'est vrai qu'à Cuba les droits de la personne sont baffoués, surtout à Guantanamo
Excusez la redondance, je tenais à me distinguer...
Brad...à Cuba là ou il y a des BBQ ,ce sont dans les villas des dirigeants,comme celle de Raoul à Santa Maria!!!
Vous êtes plate raide ZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz...................................................................................................
À titre d'information, Guantanamo est sous juriction américaine et non cubaine... étrange non?
MichelG...à Guatanamo les ricains se vengent sur des malades comme eux... à Cuba ce sont des cubains qui persécutent d autres cubains... En temps de guerre ,les usa contre les barbus au coran ,ceux qui sont faits prisonniers ne doivent pas s attendre à beaucoup d humanité et ca dans tous les camps ...
@ GUY
Vous êtes pathétique, sans instruction, sans éducation et surtout, tu es en train de t'étouffer dans tes conneries.Tu ne mérite pas le respect. Les gens de ton acabit.......je ne trouve pas les mots pour vous qualifier. Et je n'en ai rien à foutre de la politesse à votre égard.
Michel Leclaire, B.,A., LL.L.
WOW ! J'apprécie tes gentillesses Rantaplante.
@ Guy
Domage que le duel ne soit plus permis.
............j'oubilais, Ranta plante, tu fais parti de ceux que j'enverrais à Cuba avec un billet aller seulement, Merci de m'avoir lu, je t'apprécie beaucoup. :o)
Un duel ? Pour quelle raison tu voudrais un duel ? Aurais tu un but précis ?
Comment se fait-il que beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce ce que Fidel a fait contre vents et marées pour son peuple, de ce qu'était l'existence des Cubains AVANT et des contingences (les tentatives d'assassinat,de déstabilisation, le blocus et tout le reste)qui l'on forcé à poser des actes qu'il ne voulait pas. J'ÉTAIS LÀ ET JE L'AI VU (j'étudiais au collège Brébeuf) lorsqu'il a visité l'hôpital Ste-Justine. J'ai une profonde admiration pour lui.
Il est VRAIMENT temps que le printemps arrive et que certains intervenants aillent s'aérer les idées. Ça vole très bas, trop bas même...
@ guy a dit le 2 avril 2008 Ã 13H37
Tu ne peux ou ne veux comprendre. Tu viens de faire la démonstration de mes propos. CERVELLE VIDE. Dernière transmission avec le LÉGUME.
P.S. GUY
Donne-moi un billet y j'y vais de ce pas. CHICHE........et je ne reviendrez pas.....promis.
@michel
Il existe la convention de Genève mais pour les états-uniens, les lois internationales c'est pour les autres. L'empire est au dessus de tout ça...
En passant Cuba est un pays merveilleux peuplé de gens formidables et ne t'en déplaise, les cubains aiment Fidel. J'y passe 2 mois par année depuis 6 ans maintenant je peux donc te le confirmer.
@Rantanplan
Parce que les gens n'arrivent pas à croire que Washington, a tenté de déstabiliser Cuba un nombre incalculable de fois et ont toujours échoué.
Parce que les gens ignorent que les Skull & Bones et autres sociétés secrètes dirigent les États-Unis.
Parce que les gens n'admettent pas qu'ils puissent avoir été victime de propagande et de lavage de cerveau médiatique.
Parce que les gens ignorent que les USA sont les plus grands bafoueurs du droit international aux Nations Unies. Avec l'appui de seulement 3 autres pays contre plus de 180, les américains continues d'appliquer un blocus économique, commercial et financier imposé à cuba et ce depuis 1992.
Parce que les gens ignorent que les USA sont en train de mettre l'Iran dans une situation semblable à celle de Cuba...jusque parce que l'on résiste à leur dictature fascisme et leur intérêt économique et pétrolier!
Tant qu'a faire Cuba devrait demander à Poutine d'installer quelques missiles nucléaires sur l'Île...après tous les cubains sont toujours victime d'un embargo...ça changerait quoi!
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/AG10529.doc.htm
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8429
@Tous
Si certains d'entrevous trouves que j'exagère en parlant de la nature fasciste du gouvernement American et bien voici un petit 2½ minutes pour vous instruire très très rapidement sur le sujet :
http://www.youtube.com/watch?v=VVVa1IvHdKc
Maintenant vous êtes tous un peu plus libre de penser !
paslustuccpantoutte et négro sont cash et ce commentaire est le seul de moi sur cette page.
Bravo Kritik!
les cubains aiment leur dictateur !!! et ceux qui se sauvent de Cuba au risque de leur vie sur leurs petits bateaux sont des traites à la solde des ricains...et les russes aussi aimaient staline,et les roumains ,eux ils adoraient leur dictateur Nicolae ceausescu...c est bien connu les touristes à rabaix connaisse bien le peuple cubain en le cotoyant dans les hotels 5 etoiles
@anonyme
La vacuité de votre énoncé se suffit à elle-même. Inutile d'en rajouter...
c'est normal que les cubains l'aiment, ils ont le cerveaux lavé pôvre eux-autres. Viva la révolutionnnnnnne
@bizounne
Les cubains ont un niveau de scolarité plus élevé qu'au Québec alors je crois qu'ils sont en mesure de se faire leur propre idée...
......incroyable comment il se dit des conneries sur les Cubains.
Si cela continu je vais m'ennuyer des céleris dont leur vie étaient rendu plus importante que celle des humains.
merci KriTIK!